Aperçu

Sources de données

Mise en œuvre et financement

Où l’enquête IPS a-t-elle été conduite ?

Perspectives des IPS/sur les IPS

Conception/Méthodologie

Aperçu

Qu’est-ce que l’initiative Indicateurs de prestation de service ?

L’initiative IPS est un partenariat entre la Banque mondiale, le Consortium pour la recherche économique en Afrique et la Banque africaine de développement. La Banque mondiale est l’organe d’exécution de cette initiative pendant les cinq premières années de ce programme de dix ans, et conduit les enquêtes IPS conjointement avec les autorités des pays d’accueil. Les deux autres composantes de l’initiative IPS visent à renforcer la capacité d’analyse des spécialistes de niveau moyen et supérieur sur ce type de recherches, et à employer des façons créatives de communiquer et de disséminer les données et les conclusions.

Pourquoi devons-nous utiliser les IPS ?

Un programme de qualité inachevé.

L’accès aux écoles et aux cliniques a augmenté dans la majorité des pays africains, mais un grand nombre d’enfants quittent encore l’école sans savoir lire ou sans connaissances de base en arithmétique, tandis que la qualité des soins en clinique laisse souvent à désirer. L’augmentation des dépenses et l’élargissement de l’accès à l’éducation et aux services de santé ne se sont pas traduits par une amélioration équivalente des résultats en matière de développement humain, ce qui suggère que le programme de qualité n’a pas atteint ses objectifs.

Avant tout, la qualité dépend de ce que les prestataires de services savent et font.

En nous inspirant du Rapport sur le développement dans le monde 2004 de la Banque mondiale Des services pour les pauvres, nous savons que les caractéristiques principales des comportements des prestataires sont les connaissances, les compétences et les efforts. Si les compétences et les connaissances sont déterminées par des niveaux d’éducation et la capacité à effectuer des tâches dans la salle de classe et l’établissement de santé, les efforts sont déployés de manière extrêmement discrétionnaire. En effet, l’identification du temps à consacrer à tel élève ou tel patient est le fruit d’un jugement. Cet état de fait complique les relations de redevabilité pour les services d’éducation et de santé.

Responsabilité envers les ressources publiques.

Les autorités des pays en développement consacrent environ un tiers de leur budget récurrent à l’éducation et à la santé. Les revendications pour rendre des comptes et utiliser efficacement les ressources publiques — de la part des citoyens et des contribuables des pays développés comme de pays en développement — sont de plus en plus audibles, en partie en raison de la situation économique mondiale.

Plusieurs aspects essentiels des enquêtes et les données IPS sont différents des autres études disponibles :

  • Les enquêtes IPS utilisent des méthodes robustes et innovantes de collecte de données.
  • L’instrument d’enquête a la souplesse nécessaire pour effectuer le travail de terrain et l’analyse des données de manière relativement rapide, si bien qu’il est plus utile aux prises de décisions et aux discussions sur les politiques.
  • Il se concentre sur les liens entre les dépenses et les résultats en matière de développement humain.
  • Les indicateurs sont standardisés, si bien qu’ils permettent d’établir des comparaisons entre les pays, à l’intérieur des divisions administratives d’un même pays et au fil du temps.
  • Les enquêtes se répètent à une fréquence prévisible tous les deux ans.

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Sources de données

Ces informations n’existent-elles pas déjà ?

Si plusieurs enquêtes et activités de collecte de données qui appréhendent certains aspects de la prestation des services éducatifs et sanitaires existent déjà, les données IPS se démarquent pour plusieurs raisons.

Les IPS sont conçus de manière à faire le lien entre les investissements et l’amélioration des performances ; ils englobent l’éducation et la santé ; ils sont plus fréquents (ils suivent un cycle de deux ans plutôt qu’un cycle de cinq ou dix ans) ; et l’instrument d’enquête IPS a été standardisé de manière à pouvoir comparer les données aussi bien entre pays qu’au sein d’un même pays.

Enfin, les IPS ne dépendent pas des données reportées par les enseignants et le personnel soignant au niveau communautaire, qui peuvent être incohérentes. Au lieu de cela, c’est une équipe IPS qui réalise l’enquête.

Dans quelle mesure les IPS sont différents d’autres enquêtes financées par des bailleurs de fonds ?

Les IPS sont plus qu’une simple enquête puisqu’ils rassemblent trois composantes dont les données relatives aux indicateurs de prestation de services, le renforcement des capacités des organisations locales, et la communication.

Avec son partenaire le Consortium pour la recherche économique en Afrique, l’IPS renforce les capacités des organisations locales en matière de recherche et d’analyse politique. L’initiative IPS veille à ce que toutes les données et les informations soient mises à disposition de toutes les parties intéressées, de manière à les aider à prendre des décisions concernant l’avenir de la prestation de services éducatifs et de santé.

De plus, la fréquence d’IPS se distingue également des autres enquêtes ; l’enquête IPS est conçue pour être menée tous les deux ans. Elle se concentre sur les secteurs de l’éducation comme de la santé, et sa méthodologie repose sur une standardisation des données permettant de les utiliser dans tous les pays et d’effectuer des comparaisons inter-pays.

Pouvez-vous donner des exemples d’indicateurs de prestation de service ?

Ces indicateurs sont conçus pour mesurer tant les efforts que les compétences du personnel soignant et des enseignants, mais aussi les ressources des établissements éducatifs et sanitaires.

Les écoles et les cliniques doivent satisfaire à certaines normes acceptables établies en matière de prestation de services et l’enquête IPS permet de suivre dans quels domaines les établissements et les professionnels d’un pays parviennent à satisfaire régulièrement à ces normes.

Par exemple, dans le secteur de l’éducation, les indicateurs enregistrent combien de temps un enseignant consacre à l’enseignement en classe ou quel est le ratio élèves/enseignants. Pour la santé, les indicateurs portent sur l’adhésion des prestataires aux directives cliniques ou sur le nombre de cas par soignant.

En termes de ressources, l’enquête indique si les livres et matériaux adaptés sont disponibles dans les écoles et les médicaments et équipements dans les établissements de santé.

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Mise en œuvre et financement

Qui finance ce projet ? Pourquoi la Banque mondiale ne le finance-t-elle pas ?

La Banque mondiale apporte un financement.

Concernant la mise en œuvre des IPS, la Banque mondiale a été rejointe par le Consortium pour la recherche économique en Afrique et la Banque africaine de développement. Plusieurs fondations privées comme la Fondation Hewlett ont également apporté une contribution tandis que des universités et des organisations internationales ont participé de manière non monétaire sous forme de leadership technique. Le Département de développement international du Royaume-Uni a apporté des ressources complémentaires au Mozambique et à la Tanzanie.

La Banque mondiale a fait preuve d’un engagement financier considérable en faveur des IPS et envisage de poursuivre son appui par le biais d’une assistance technique et de subventions.

La Banque mondiale accueille favorablement tout appui supplémentaire de la part d’autres bailleurs et organisations, publics comme privés ; un tel appui permettrait de déployer les IPS dans plus de pays.

Qui met en œuvre le projet ?

La Banque mondiale s’est jointe au Consortium pour la recherche économique en Afrique (CREA) et à la Banque africaine de développement pour élaborer et mettre en œuvre les IPS. La Banque mondiale est le partenaire initial tandis que le CREA dirige la mise en œuvre au niveau des pays, ce qui implique de collecter les données et de fournir un leadership technique aux entités locales.

L’IPS dispose d’un comité directeur composé de représentants issus de plusieurs groupes de réflexions internationaux et organisations internationales ; ce comité fournit des conseils et une orientation.

L’IPS dispose également d’un groupe technique composé d’experts issus de grandes institutions éducatives et du monde de la recherche, dont les efforts se concentrent sur la qualité et l’intégrité de l’enquête et des analyses IPS.

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Où l’enquête IPS a-t-elle été conduite ?

L’enquête Indicateurs de prestation de service a été conduite dans six pays : Ouganda, Tanzanie, Kenya, Sénégal, Togo et Nigéria. Les résultats sont disponibles dans les onglets Pays ci-dessus.

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Perspectives des IPS/sur les IPS

Les Indicateurs de prestations de service pourraient-ils être interprétés comme un jugement concernant l’engagement d’un pays en faveur de l’éducation et de la santé ?

Les IPS sont un outil basé sur des données concrètes qui aide les responsables de l’élaboration et de l’application des politiques, de même que les prestataires de santé et le personnel enseignant, à mesurer les performances des services éducatifs et sanitaires qu’ils fournissent. Il ne s’agit pas d’une note finale ou d’un jugement définitif sur ces personnes ou services. Ils représentent plutôt un rapport de situation, qui décrit l’état de ces services sur une[O1]  période donnée et déterminent s’ils ont connu une progression ou, au contraire, une régression – en espérant que ce cas ne se produise pas.

De nombreux pays africains consacrent environ un tiers de leur budget à l’éducation et à la santé. Si l’accès aux soins dans les cliniques publiques et à l’éducation dans les écoles a connu une augmentation, la qualité des services dispensés laisse souvent à désirer.

Nous avons donc besoin d’informations cohérentes et exactes sur les connaissances et la performance des prestataires afin de pouvoir évaluer la qualité et la redevabilité de ces services.

Les responsables de la santé et de l’éducation risquent-ils de considérer cette initiative comme une critique du travail effectué par de nombreux professionnels dévoués dans leur secteur ?

Les enseignants et les professionnels de la santé méritent tous nos éloges pour le travail qu’ils réalisent dans des conditions souvent loin d’être idéales. Les IPS apportent en fait des preuves corroborant nombre des problématiques soulevées par les syndicats, la société civile et les personnes elles-mêmes, qui ont notamment souligné qu’il est plus difficile pour ces professionnels de faire leur travail sous l’effet conjugué d’une augmentation des demandes émises par les élèves et les patients et d’une baisse des financements disponibles.

Les IPS mettent en lumière les domaines de progrès, mais aussi les domaines de régression, et suggèrent des moyens possibles pour corriger ces derniers.

Est-il équitable de recourir uniquement à des chiffres pour donner une image fidèle de la situation ?

Les indicateurs de prestation de services reposent sur une méthodologie quantitative. Cependant, nous prenons en compte d’autres problématiques lorsque nous analysons les données. Par exemple, nous documentons l’existence de conditions politiques ou sociales ou même d’une catastrophe naturelle pouvant entraîner l’absentéisme ou des retards de prestation des services, puis nous incorporons ces facteurs à l’analyse globale.

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Conception/Méthodologie

Comment les indicateurs ont-ils été développés ?

Les indicateurs de prestation de service se fondent sur les recherches existantes concernant la façon d’améliorer des résultats éducatifs et sanitaires dans les pays en développement. Alors que les ressources seules semblent avoir un impact limité sur la qualité de l’éducation et de la santé dans les pays en développement, elles peuvent s’accompagner de changements dans les mesures incitatives. Un autre problème vient du fait que les budgets n’ont pas suivi le même rythme de croissance que les inscriptions, ce qui se traduit par des ratios élèves/enseignants élevés, des infrastructures physiques surchargées et un nombre insuffisant de manuels scolaires. Toutefois, la simple augmentation des ressources ne suffira probablement pas à combler le déficit en matière de santé et d’éducation si des mesures incitatives en faveur des prestataires ne sont pas envisagées. Les résultats de la prestation de services sont déterminés par les relations de redevabilité entre les décideurs, les prestataires de service et les citoyens. À leur tour, les résultats en matière de santé et d’éducation s’expliquent par l’interaction entre divers acteurs intervenant au cours des diverses étapes du système de prestation ; ils dépendent aussi des caractéristiques et du comportement des individus et des ménages.

Comment les indicateurs ont-ils été choisis ?

IPS propose trois types d’indicateurs : compétences et connaissances du prestataire ; mesures des efforts ; et disponibilité des infrastructures et intrants (ou ressources) fondamentaux. En outre, les indicateurs sont quantitatifs (pour éviter les problèmes liés aux biais de perception qui limitent les comparaisons entre pays et longitudinales), de nature ordinale (pour permettre des comparaisons inter- et intra-pays) ; robustes (dans la mesure où il est possible de vérifier et de reproduire la méthodologie utilisée pour construire les indicateurs) ; réalisables et économiques.

Comment IPS se rattache-t-il aux autres enquêtes ?

Éducation. Le Consortium d’Afrique australe et orientale pour le pilotage de la qualité de l’éducation (SACMEQ) se concentre principalement sur les résultats éducatifs. L’initiative Évaluation et analyse comparative des systèmes pour les résultats éducatifs (SABER) de la Banque mondiale porte principalement sur l’environnement politique et institutionnel. En revanche, les IPS se concentrent sur la qualité, si bien qu’ils peuvent être un complément potentiel pour ces instruments en reliant, d’une part, les ressources et les facteurs politiques et institutionnels et, d’autre part, les résultats éducatifs.

Santé. Les enquêtes d’Évaluation de la Disponibilité (OMS) et de la Capacité Opérationnelle des Services (USAID/Macro International) sont deux autres grandes enquêtes menées auprès des établissements de santé. Ces efforts de collecte de données exhaustives sont complémentaires aux IPS, qui se concentreront plutôt sur un sous-ensemble d’indicateurs-clés relatifs aux établissements de santé, mais sous forme d’un instrument plus agile qui pourra être répété plus souvent et à un moindre coût.[JPDS1] 

Les Enquêtes démographiques et sanitaires (DHS) de l’USAID, menées auprès des ménages, ont pour objet d’évaluer l’accès et l’utilisation des services de santé ainsi que les résultats de santé (tels que le taux de mortalité infantile et le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans). De ce point de vue, les enquêtes IPS et DHS sont hautement complémentaires, mais les IPS vont plus loin que l’évaluation de l’utilisation dans la mesure où ils évaluent le fonctionnement des services auxquels les personnes ont accès.

Dans quelle mesure les enquêtes IPS sont-elles fiables ?

L’enquête a été conçue pour saisir des données qui peuvent être analysées de différentes façons, notamment par localisation (rurale ou urbaine) et par type de prestataire (santé ou éducation). L’enquête peut être adaptée aux besoins de chaque pays avec, par exemple, une intensification de la collecte de données dans certaines régions utiles pour éclairer les politiques.

Pourquoi les enquêtes SDI ne collectent-elles aucune donnée qualitative ?

S’il est vrai que les IPS se concentrent sur des données quantitatives recueillies dans des établissements. Nous collectons également des données sur des facteurs institutionnels qui aident à comprendre et à interpréter les résultats des indicateurs. Au-delà des huit indicateurs par secteur, les autres informations réunies aident à interpréter les indicateurs et à réaliser des analyses plus détaillées.

Pourquoi les IPS se concentrent-ils exclusivement sur l’offre ?

Les enquêtes IPS recueillent des données basées sur les établissements qui ne sont réunies systématiquement nulle part ailleurs. Lorsqu’existent des enquêtes auprès des ménages qui permettent d’appréhender des résultats d’éducation et de santé ainsi que leurs déterminants socio-économiques, ces informations ne montrent pas toujours quelles responsabilités devraient incomber à ces systèmes de prestation de service. C’est cette carence que les IPS cherchent à combler.

N’existe-t-il pas un risque de rejeter la faute des défaillances de la prestation de service sur les prestataires eux-mêmes ?

Les actions des prestataires de services sont analysées comme le reflet des faiblesses du système sous-jacent, et non pas comme un jugement contre des prestataires de service particuliers. Toutefois, selon la perspective des clients, les compétences et les efforts des prestataires sont les facteurs les plus visibles, et c’est pourquoi les IPS se concentrent sur ces aspects.

Que fait IPS pour renforcer les capacités afin que les données soient mieux mises à profit ?

Les partenaires des IPS s’engagent à mettre à disposition les données brutes IPS. Toutefois, tous ne pourront accéder aux données et les utiliser. L’un des partenaires IPS, le Consortium pour la recherche économique en Afrique (CREA), organisera deux types d’ateliers de formation dans chaque pays IPS : un atelier d’analyse de base ciblant les jeunes chercheurs et un autre destiné aux analystes et chercheurs plus expérimentés. Des mini-subventions seront accordées aux analyses les plus prometteuses pour les transformer en notes d’orientation politique IPS.

Les enquêtes IPS ne risquent-elles pas de nuire aux investissements effectués dans les systèmes de gestion des informations éducatives et sanitaires ?

Les IPS et les systèmes d’information de gestion existants peuvent travailler conjointement. Tous les types de données ne méritent pas d’être collectés dans le cadre de systèmes d’information de gestion. Les types de données recueillies par les IPS se prêtent mieux à la collecte par des tiers (indépendants).

Comment les pays participants ont-ils été choisis ?

La principale exigence est la demande de la part du pays : ils cherchent à participer. Les pays participants s’engagent également à rendre les résultats disponibles dans un délai de trois mois suivant la collecte des données, à respecter la transparence et à réaliser l’enquête dans les secteurs de l’éducation comme de la santé.

Les prestataires du secteur privé sont-ils inclus dans les enquêtes IPS ?

Oui. Les IPS couvrent les secteurs public et privé. Dans le secteur de l’éducation, nous avons inclus aussi bien les prestataires privés à but non lucratif (principalement des organisations confessionnelles) que les prestataires privés à but lucratif à faible coût. Dans les enquêtes sur le secteur de la santé, seuls les prestataires privés sans but lucratif (principalement aussi des organismes confessionnels) ont été inclus.

Pourquoi ne pas inclure d’autres services que la santé et l’éducation ?

La qualité des services tels que l’eau et l’assainissement est généralement évaluée par le biais d’enquêtes auprès des ménages. Ce n’est pas la même approche que celle des IPS, qui se base sur les établissements. Les enquêtes sur l’eau et l’assainissement sont fort probablement mieux administrées séparément des enquêtes IPS.